Excursions immersives & insolites en Casamance, filmées au fil de nos sorties
Ici, dans le Sud du pays, la Casamance déroule ses rizières, ses bolongs et ses forêts sacrées à deux pas du Papayer Écolodge. Coincée entre la Gambie et la Guinée-Bissau, cette région verte comme nulle autre au Sénégal réunit Diolas, Mandingues, Peuls, Wolofs, Baïnouks et Manjaques, et fait cohabiter en bonne intelligence animisme, christianisme et islam. Ce sont les Diolas, gardiens des bois sacrés, qui donnent le ton spirituel de la Basse-Casamance. Nos guides sont d'ici : ils parlent les langues du terroir, connaissent les usages de chaque village et savent à quelle porte frapper — c'est ce qui transforme une simple sortie en véritable rencontre, à la sénégalaise.
On croit connaître la Casamance quand on vit au pays, et pourtant elle garde toujours une surprise sous le coude : un village posé sur une île, une forêt interdite, un ciel d'orage sur le grand fleuve. Au fil de nos sorties, caméra à la main, nous avons capté sept de ces instants — parfois rares, souvent bouleversants — histoire de donner envie de sauter dans la pirogue et d'aller voir de ses propres yeux.
Pour bien préparer votre séjour, découvrez notre guide complet sur la Casamance. Vous y retrouverez toutes les informations incontournables pour explorer la région autour de Cap Skirring avec Le Papayer Écolodge.
Toutes nos vidéos sont réunies sur la chaîne YouTube de l'Écolodge : Le Papayer Écolodge beach hotel Cap Skirring.
1. Djiromait : l'hôtel fantôme perdu au bord des bolongs
Quelque part en Basse-Casamance, à l'écart des pistes fréquentées, se dresse l'un des lieux les plus troublants du Sud : l'hôtel fantôme de Djiromait. Un grand complexe bâti face au fleuve, jamais ouvert, aujourd'hui échoué comme une carcasse de béton que la brousse et les rôniers avalent peu à peu. Le temps s'y est arrêté, et l'endroit dégage une poésie étrange que peu de visiteurs oublient.
Son histoire vaut le détour : sorti de terre entre 1994 et 2000 à l'initiative d'un homme d'affaires sénégalais, ce palace devait incarner le grand tourisme de luxe en Casamance. Il n'a pourtant jamais reçu le moindre client — la route carrossable promise n'est arrivée qu'en 2012, trop tard, et le chantier a fait faillite avant la première nuitée. La brousse a fini le travail, changeant ce colosse de béton en repaire d'Urbex à ciel ouvert.
Pour qui aime l'insolite, c'est un passage obligé de toute sortie en Casamance — un terrain de jeu rêvé pour l'Urbex et la photo. On y accède en pirogue par les bolongs, depuis Nioumoune ou Cap Skirring, et l'on en revient avec des images qui ne ressemblent à aucune autre.
Découvrez le site en images :
2. L'hivernage : quand le Sud gronde et reverdit
De juin à octobre, la Casamance vit sa saison la plus intense : l'hivernage. Les pluies transforment le paysage en un tapis vert presque irréel, au rythme du tonnerre et des grandes eaux.
Au-delà de l'ambiance, ces pluies sont le poumon de toute la région. De juillet à octobre, la Casamance encaisse 1 200 à 1 500 mm d'eau — un record au Sénégal — et cette manne réveille tout : la forêt et la mangrove repartent de plus belle, les bolongs se muent en nurseries à poissons et le ciel se remplit d'oiseaux. Bref, la saison où la vie déborde de partout.
Les orages en imposent — ciels d'encre, éclairs, averses drues — mais ils rafraîchissent l'air et réveillent tout un pays engourdi par la saison sèche. Pour qui aime la Casamance dans sa vérité brute, c'est le moment de venir : on regarde repiquer le riz dans les rizières miroitantes, on glisse en pirogue le long d'une mangrove gonflée de sève, on redécouvre le Sud sous un autre jour.
Bon à savoir : partir en hivernage suppose un peu de souplesse — orages soudains, bolongs qui montent vite et pistes parfois coupées demandent d'adapter les sorties à la météo. Mais la récompense vaut le détour : une Casamance vibrante, verte à en perdre la tête, et presque rien que pour soi.
Vivez l'ambiance de la saison des pluies :
3. À Cap Skirring, les tortues reviennent pondre sur la plage
Aux premières pluies, quand la côte reverdit et que l'hivernage s'installe, une drôle d'attente gagne le littoral. Devant l'Écolodge Le Papayer, à Cap Skirring, la plage retient son souffle.
C'est là, sur ce sable resté sauvage, que reviennent les premières tortues de mer, fidèles à un rituel de ponte vieux de millions d'années.
Trois espèces surtout fréquentent nos côtes et nos bolongs : la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue luth (Dermochelys coriacea) et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata). Toutes sont protégées par le Code de la Faune du Sénégal et par la CITES, et toutes sont inscrites sur la liste rouge de l'UICN — l'imbriquée étant même donnée « en danger critique d'extinction ».
Leur survie tient à peu de chose : filets de pêche où elles s'étouffent, œufs et chair encore braconnés sur les plages, trait de côte qui recule, plastiques avalés en mer… autant de raisons de chérir les rares plages restées sauvages comme la nôtre, où chaque ponte est surveillée de près. Ici, voir une tortue regagner l'eau n'est pas un numéro pour touristes : c'est la preuve vivante qu'un littoral protégé, ça change tout.
Pour qui cherche l'authentique et le durable, cette période charnière offre un spectacle rare : loin de toute foule, on assiste à un petit miracle écologique, veillé ici avec soin. Une raison de plus d'inscrire Cap Skirring au programme de ses sorties casamançaises.
Suivez ce moment magique :
4. Itou : la récolte du riz, moment sacré en pays diola
Sur son île de Basse-Casamance, le village d'Itou s'apprête à vivre son heure la plus sacrée : la récolte du riz. En pays diola, où l'animisme reste bien vivant, travailler la terre n'a rien d'une corvée agricole — c'est un acte spirituel, placé sous le regard des ancêtres et des génies de la forêt.
Cultiver le riz ici, c'est un art transmis de père en fils et de mère en fille. Pour tenir tête à la mangrove, les Diolas montent des digues de terre qui repoussent l'eau salée de l'océan et gardent la pluie douce ; puis, au kadiandou — cette longue bêche à lame de fer — les hommes retournent l'argile lourde en billons impeccables. Ensuite, chacun son rôle : aux hommes le défrichage et les digues, aux femmes le repiquage, le désherbage et la moisson des épis mûrs.
Pour toucher l'âme profonde de la Casamance, difficile de faire mieux. Entre les rizières dorées à perte de vue et les chants de récolte repris en chœur, Itou offre un moment de solidarité villageoise comme on n'en trouve pas dans les circuits balisés.
Chez nous, le riz ne se vend pas. C'est un don des esprits, gardé dans les greniers familiaux pour la maison et les cérémonies, honoré dans des structures sacrées qu'on appelle « Bukin » ; le monnayer reviendrait à le profaner. Du premier grain semé à la dernière gerbe, tout se fait sous les prières, les offrandes et les libations de vin de palme, pour remercier la terre et appeler la protection des ancêtres. Voir cette récolte, c'est saisir d'un coup ce qui lie le Diola à sa terre nourricière.
Découvrez ce rituel ancestral :
5. Bois sacré des femmes et danses diolas : la face spirituelle du Sud
Sous les grands fromagers se cache l'un des secrets les mieux gardés de la Basse-Casamance : la spiritualité diola. Le bois sacré des femmes y tient une place centrale — un lieu interdit aux hommes et aux non-initiés, où se transmettent, de mère en fille, les rites d'initiation et de protection de la communauté.
Le cœur du rite reste bien gardé, mais la fête, elle, se partage. On y croise souvent le Kumpo — cette silhouette mystique tout emmitouflée de feuilles de palmier, un bâton planté sur la tête, qui tourbillonne au rythme des tam-tams : pour les Diolas, ce n'est pas un homme déguisé mais un esprit sorti du bois sacré pour remettre le village dans le droit chemin. Puis vient le grand rassemblement autour du Bombolong, le tambour à fente : en pagnes, hommes et femmes enchaînent des danses puissantes et synchronisées qui miment la guerre, la chasse ou les travaux des champs.
Tout près se dresse la frontière du bois sacré, là où se tiennent les initiations du Boukout — un espace formellement interdit aux non-initiés. On n'y entre pas, mais on peut prendre part aux fêtes publiques qui l'entourent. Parce que ça touche au sacré, le Papayer ne bâcle jamais ces sorties : ses liens étroits avec les chefs de village et les communautés, notamment autour d'Itou et d'Oussouye, ouvrent la porte à de vraies fêtes de village quand elles ont lieu.
Pour un voyage qui a du sens, assister à ces célébrations est une expérience humaine rare, au plus près d'une culture restée fièrement elle-même.
Laissez-vous emporter par le rythme :
6. Kanoufa : à 25 mètres au-dessus de la canopée, à Pointe Saint-Georges
Envie de sensations et de hauteur ? Dans la forêt mystique de la Pointe Saint-Georges, un géant végétal vous attend : un fromager (kapokier) sacré de plus de 35 mètres, plusieurs fois centenaire — on lui prête près de deux siècles — et considéré comme un vrai repère de l'histoire diola. C'est dans ses branches qu'a été aménagée la plateforme de Kanoufa, un belvédère perché à plus de 25 mètres.
On y grimpe par des échelles et des marches, une ascension encadrée et sécurisée par les éco-guides du village. Une fois là-haut, le spectacle coupe le souffle : d'un côté la forêt dense de Kanoufa, de l'autre les bolongs, la mangrove et le grand fleuve Casamance à perte de vue — et parfois, tout en bas, le dos rond d'un lamantin venu saluer la côte.
Ajouter cette parenthèse à ses sorties en Casamance, c'est mesurer d'un seul regard l'immensité sauvage de ce coin de forêt. Un instant suspendu entre terre et ciel.
Prenez de la hauteur avec nous :
7. Le vol des pélicans au-dessus de la mangrove
Glisser sans bruit en pirogue dans le dédale des palétuviers... et soudain, lever la tête. Dans le ciel clair de la Casamance, une escadrille de pélicans blancs passe en formation parfaite au-dessus de la mangrove.
Ce ballet aérien, d'une élégance rare, compte parmi les plus beaux cadeaux de la région. La mangrove — ce sanctuaire de biodiversité — leur sert de dortoir, de refuge et de garde-manger, et c'est là qu'ils plongent, tous ensemble, dans un même mouvement.
Mais chez nous, l'histoire des oiseaux ne s'arrête pas aux pélicans. La Casamance est l'un des plus beaux terrains d'Afrique de l'Ouest pour les passionnés d'ornithologie : entre l'océan, le fleuve, la forêt dense et la mangrove salée, plusieurs centaines d'espèces se côtoient — les sédentaires africaines et les migratrices d'Europe venues passer l'hiver, d'octobre à avril.
Dans les bolongs et la mangrove, le roi c'est le pygargue vocifère, l'aigle pêcheur dont le cri résonne sur tout le fleuve. On y surprend aussi les martins-pêcheurs — le huppé, bleu et orange, et le pie, qui fait du surplace « en Saint-Esprit » avant de piquer — et une ribambelle d'échassiers : le héron goliath (le plus grand du monde), le héron garde-bœufs, l'aigrette garzette et l'étonnante ombrette, maçonne de nids en dôme.
Plus loin, vers les forêts de fromagers et de palmiers, les couleurs éclatent : le touraco vert qui ne montre son rouge vif qu'en vol, le rollier d'Abyssinie tout en turquoise, les guêpiers à gorge rouge toujours en chasse, et les calaos au gros bec surmonté d'un casque, qu'on repère à leur vol lourd et bruyant.
Et sur les plages de Cap Skirring, escale vitale des migrateurs européens, on croise le balbuzard pêcheur venu hiverner, les colonies de sternes royales et caspiennes, les mouettes à tête grise posées sur les bancs de sable à marée basse, et le courlis corlieu qui fouille le sable de son long bec courbe pour dénicher les petits crabes.
Pour les amoureux des oiseaux et des grands espaces, c'est un rendez-vous à ne pas manquer. Au clapotis de l'eau, on assiste à un spectacle inoubliable, signe d'une nature encore libre et souveraine.
Admirez ce vol majestueux :
Pour aller plus loin
Ces sept sorties ne sont qu'un avant-goût de ce que réserve le Sud. Retrouvez toutes nos excursions en Casamance au départ de Cap Skirring, village par village, ainsi que nos dossiers de fond pour mieux lire le territoire : la mangrove et les bolongs, les forêts et essences de bois, la pêche et la protection écologique de la biodiversité.