Sortie à Niomoune depuis Cap Skirring : pirogue dans les bolongs et nuit au campement Alouga
Sur la rive nord du fleuve Casamance, l'île de Niomoune est un monde à part, accessible uniquement en pirogue. Depuis Cap Skirring, notre sortie vous y emmène : 4x4 jusqu'à l'embarcadère de Bouyouye, puis longue traversée dans les bolongs, avec Carabane sur votre gauche, et nuit au campement Alouga. C'est la plus longue de nos sorties, la plus coûteuse et la plus délicate à organiser, mais c'est aussi celle qui change le plus de l'ordinaire. Niomoune est la porte des îles Karones et du monde karoninké, pour qui veut aller plus loin dans son propre pays. Elle convient très bien en fin de séjour : on commence par quelques nuits au lodge, puis on file vers Niomoune et on continue vers les Karones.
Cette page détaille la sortie, le trajet, l'île, le campement, les îles Karones et nos conseils pratiques. Elle fait partie de nos excursions en Casamance ; pour un séjour plus étendu dans le sud du pays, appuyez-vous sur notre guide complet de la Casamance pour bâtir vos étapes.
La sortie en bref
- Formule
- Deux jours et une nuit : 4x4, longue pirogue, nuit au campement Alouga
- Route
- En 4x4 depuis Le Papayer Écolodge jusqu'à l'embarcadère de Bouyouye
- Pirogue
- De Bouyouye à Niomoune, sur la rive nord du fleuve : environ 2 heures dans les bolongs
- Déjeuner au retour
- Pause à Cachouane, au campement Sounka, chez Papis
- Nuit
- Au campement Alouga, chez Hyacinthe (Yas), un enfant du village
- À prendre avec soi
- Un sac à dos, pour la nuit
- Budget
- Notre sortie la plus coûteuse : environ 150 000 FCFA pour la pirogue (carburant et piroguier), à quoi s'ajoutent la nuit et les repas au campement
- Pour qui
- Les enfants en bas âge et les bébés ne peuvent pas participer
- Pour aller plus loin
- Les îles Karones, Itou et Diogué : minimum deux jours de plus, en pirogue ; pour les plus aventuriers, on peut même gagner Kassel puis remonter vers Kafountine et Abéné
- Fête de l'initiation
- Environ tous les 10 à 15 ans aux Karones : une cérémonie à ne pas rater quand elle est annoncée
- En fin de séjour
- Idéale pour prolonger le voyage : quelques nuits au lodge, puis cette sortie, puis la route vers les Karones
- Réservée à nos hôtes
- Pour les personnes logées chez Le Papayer Écolodge
Comme toutes nos excursions en Casamance, celle-ci est réservée à nos hôtes, c'est-à-dire aux personnes qui séjournent chez Le Papayer Écolodge : nous ne l'organisons pas pour des visiteurs extérieurs. La nuit au campement se réserve à l'avance, alors ne tardez pas. Pour préparer la sortie, faites-vous rappeler ou demandez votre devis en ligne.
Le trajet : de Bouyouye à Niomoune, par les bolongs
Le départ se fait en 4x4 depuis Le Papayer Écolodge, jusqu'à l'embarcadère de Bouyouye. On monte alors dans la pirogue et on remonte vers Cachouane. L'île de Carabane reste à gauche, puis la pirogue met le cap sur Ziguinchor et Pointe Saint-Georges. Peu avant Punta, on prend le bolong de Niomoune, qui serpente jusqu'à l'île.
La balade est superbe, au fil des bolongs de Casamance, mais elle est longue : la traversée dure environ 2 heures. Voilà pourquoi on dort sur place, au campement Alouga, et pourquoi il vaut mieux venir avec des sacs à dos qu'avec des valises.
Carte indicative : repères et tracé schématique, qui ne reproduit pas l'itinéraire exact.
Ce que l'on découvre pendant la sortie
Deux jours au fil de l'eau, entre mangrove, rizières et vie insulaire. Voici les temps forts :
- La piste vers Bouyouye Le départ en 4x4, jusqu'à l'embarcadère des bolongs.
- La traversée en pirogue Cachouane, Carabane à gauche, Pointe Saint-Georges, puis le bolong de Niomoune.
- L'île de Niomoune Un village diola d'environ 1 700 habitants et ses quatre quartiers : de quoi occuper une bonne journée à lui seul.
- Le campement Alouga Une nuit en cases de terre, avec des repas partagés avec la famille et les autres voyageurs.
- Les amas coquilliers Des collines de coquillages, dont certaines sont sacrées, et des sentiers couverts de coquilles.
- Les îles Karones Boon, Illol, Kuba et Saloulou : le monde karoninké, qui commence ici, avec Itou et Diogué sur la route.
- La fête de l'initiation Une cérémonie peu fréquente, environ tous les 10 à 15 ans : les jeunes ressortent du bois sacré devenus des hommes.
La traversée : des heures de pirogue dans les bolongs
Depuis Bouyouye, la pirogue remonte vers Cachouane, à l'embouchure du fleuve. Carabane reste à gauche, puis l'embarcation file vers Ziguinchor et Pointe Saint-Georges. Avant Punta, elle s'engage dans le bolong de Niomoune, un passage étroit qui serpente entre les palétuviers jusqu'à l'île. L'entrée du village n'apparaît pas tout de suite : le piroguier connaît la route. Pour mieux comprendre ces paysages, lisez notre dossier sur la mangrove et les bolongs de Casamance. Carabane et Pointe Saint-Georges ont chacune leur sortie : voyez l'excursion à Carabane et l'excursion à Pointe Saint-Georges.
La traversée dure environ 2 heures. Elle est belle mais longue, et le soleil tape fort sur l'eau : chapeau, crème solaire et beaucoup d'eau. Au retour, on fait une pause à Cachouane pour déjeuner au campement Sounka, chez Papis. Le prix de la pirogue, environ 150 000 FCFA, comprend le carburant et le piroguier.
Niomoune : une île diola au bout des bolongs
Niomoune est située sur la rive nord du fleuve Casamance, dans le département de Bignona. Au recensement de 2002, l'île comptait 1 663 habitants et 231 ménages, répartis en quatre quartiers. Elle est entourée de rizières et de mangrove, reliées par des digues de terre, et la vie y tourne autour de la riziculture, de la pêche et de la gestion de l'eau douce et de l'eau salée.
Visiter le village de Niomoune demande à lui seul une bonne journée : on parcourt ses quatre quartiers, Elou, Somme, Essagholu et Ouback, chacun avec son caractère et son lieu de rassemblement. Le quartier d'Elou abrite l'école, le collège et l'église ; la case commune des habitants se trouve près du quai.
On se déplace à pied, sur des sentiers couverts de coquillages. Les habitants, des Diola, associent animisme et christianisme, et l'on y croise des baobabs et une église. Les archéologues s'y intéressent depuis longtemps : l'île compte plusieurs amas coquilliers, des collines nées de siècles de coquillages accumulés, dont deux sont sacrés. D'après les datations, les plus anciens remontent aux premiers siècles de notre ère. Comme sur d'autres rives de la Basse-Casamance, l'érosion menace certains sites.
Le campement Alouga : une nuit chez Hyacinthe, dit Yas
Alouga est le nom diola de l'oiseau pêcheur, le martin-pêcheur. Le campement se dresse au milieu des rizières, au bord d'un bolong. Hyacinthe Diedhiou, que l'on appelle Yas, l'a créé pour revenir vivre dans son village natal, faire vivre la culture diola et créer des emplois. On dort dans des cases en banco, la terre crue traditionnelle, avec des sanitaires partagés et de l'électricité solaire ; l'eau chauffée au soleil sert à la douche au seau, à l'africaine.
On mange à une table commune, avec des produits frais du pays : poisson et fruits de mer grillés, huîtres, spécialités sénégalaises, et au petit-déjeuner du pain et des confitures maison. Yas peut aussi accompagner les visiteurs dans l'île. Les nuitées et les repas se paient en plus de la pirogue.
Pour aller plus loin : les îles Karones, Itou et Diogué
Niomoune est la porte d'entrée des îles Karones : Boon, Illol, Kuba et Saloulou. C'est un autre monde, celui des Karoninkés, un peuple proche des Diola qui vit sur la rive nord du fleuve et sur ses îles, et qui parle le karon. Ces îles passent pour l'un des grands foyers de l'animisme en Casamance, avec leurs bois sacrés et leurs traditions anciennes. Il n'y a aucune voiture : on se déplace en pirogue ou à pied.
La porte est ouverte, mais il faut compter au minimum deux jours de plus pour visiter les villages des Karones. L'île d'Illol, aussi écrite Hilol, est célèbre pour avoir tenu tête aux troupes françaises lors de deux batailles, en 1859 et 1860.
Deux autres étapes se marient bien avec cette sortie, face à l'île de Carabane. Itou, sur la rive nord, à l'embouchure du fleuve, est le premier endroit de la Casamance où le drapeau français fut hissé, en 1828.
Diogué est une île de l'embouchure, d'environ 1 000 habitants, avec un quartier wolof et un quartier diola, tournée vers la pêche.
Pour les plus aventuriers, il est possible de gagner Kassel, point d'embarquement pour les Karones, puis de remonter vers Kafountine et Abéné, deux beaux villages de la côte nord. Kafountine, village de pêcheurs d'environ 4 200 habitants au recensement de 2002, est le point de départ des pirogues pour les Karones, à travers les bolongs. Abéné, plus petit, accueille chaque année un festival de djembé, l'Abéné Festivalo. On peut aussi organiser, sur demande, un pique-nique sur la plage sauvage de Katy.
Cette sortie peut enfin clore un séjour chez nous : les voyageurs qui veulent prolonger leur découverte de la Casamance passent d'abord quelques nuits au lodge, puis nous leur organisons la sortie à Niomoune en fin de séjour, et ils poursuivent leur route vers les Karones.
C'est la sortie la plus compliquée à organiser, et la plus folle : elle s'adresse aux vrais aventuriers. La formule de base reste une nuit chez Yas ; parlez-nous de vos envies avant de réserver.
La fête de l'initiation : une cérémonie rare à ne pas rater
Dans les villages des îles Karones, notamment à Illol et à Niomoune, la fête de l'initiation est le temps fort de la tradition animiste diola. Chez les Diola, l'initiation, le bukut ou boukout, fait passer les garçons de l'adolescence à l'âge adulte : ils séjournent dans le bois sacré, un espace interdit à ceux qui ne sont pas initiés, où les anciens leur enseignent la culture et la spiritualité du peuple, avec des rites dont la circoncision. Quand ils en sortent, la communauté les reconnaît comme des hommes, et ce retour est célébré par de grandes réjouissances, faites de chants et de danses.
Ces cérémonies sont peu fréquentes : aux Karones, elles reviennent seulement tous les 10 à 15 ans environ, à une date fixée par les anciens. Impossible donc de dire à l'avance quand aura lieu la prochaine. Mais lorsqu'une fête est annoncée, c'est une occasion rare qu'il serait dommage de manquer. Si votre séjour tombe pendant l'une d'elles, dites-le-nous et nous adapterons l'excursion.
Le bois sacré et ses rites restent secrets : le visiteur assiste aux réjouissances, pas à l'initiation proprement dite. Par respect, demandez toujours la permission avant de prendre des photos et suivez les consignes de votre guide.
Un séjour type : deux jours et une nuit
Les horaires sont donnés à titre indicatif : ils s'ajustent à la marée et à votre rythme.
- Jour 1, départ : en 4x4 depuis Le Papayer Écolodge, de bon matin, jusqu'à l'embarcadère de Bouyouye.
- Pirogue : Cachouane, Carabane à gauche, Pointe Saint-Georges, puis le bolong de Niomoune.
- Arrivée : accueil au campement Alouga, installation, promenade dans l'île.
- Soirée : dîner à la table commune et nuit dans une case en banco.
- Jour 2 : matinée sur l'île, puis retour par le même chemin en pirogue.
- Déjeuner : pause à Cachouane, au campement Sounka, chez Papis.
- Retour : pirogue jusqu'à Bouyouye, puis 4x4 jusqu'au lodge.
Conseils pratiques pour votre sortie
- En fin de séjour : c'est le bon moment pour cette sortie si vous voulez poursuivre vers les Karones ; dites-le-nous dès la réservation.
- Pas pour les tout-petits : les enfants en bas âge et les bébés ne peuvent pas participer à cette sortie.
- Un sac à dos, pas de valise : la traversée est longue et l'on dort sur place. Laissez le reste au lodge.
- Prenez un chapeau, de la crème solaire, de l'eau, des lunettes de soleil et un produit anti-moustiques.
- Prévoyez une lampe frontale, des vêtements légers et un pull pour la pirogue.
- Gardez des espèces en petites coupures pour les nuitées, les repas et les achats sur l'île.
- Prévenez-nous tôt : le campement doit être informé de votre venue.
- Demandez l'accord avant de photographier les habitants, et respectez les lieux sacrés, comme les amas coquilliers sacrés.
- Ne jetez aucun déchet dans l'eau ni sur l'île.
- En brousse, ne cueillez pas les fruits, ne vous appuyez pas aux arbres et ne touchez pas aux fleurs : des guêpes et des abeilles de brousse y vivent.
- La saison sèche (novembre à mai) est la plus agréable ; en saison des pluies, nous adaptons le programme à la météo et à la marée.
Questions fréquentes sur la sortie à Niomoune
Où se trouve Niomoune ?
Sur la rive nord du fleuve Casamance, dans une île de Basse-Casamance, face à Cap Skirring, dans le département de Bignona. On ne la rejoint qu'en pirogue.
Comment rejoint-on Niomoune depuis Cap Skirring ?
En 4x4 depuis Le Papayer Écolodge jusqu'à l'embarcadère de Bouyouye, puis en pirogue dans les bolongs, par Cachouane, Carabane sur la gauche et Pointe Saint-Georges, avant d'entrer dans le bolong de Niomoune.
Combien de temps dure la traversée en pirogue ?
Environ 2 heures de Bouyouye à Niomoune : la balade est belle, mais longue. C'est pourquoi la sortie se fait sur deux jours, avec une nuit sur place.
Où déjeune-t-on le jour du retour ?
À Cachouane, où l'on fait une pause au campement Sounka, chez Papis, un campement installé dans une case à impluvium, avec un restaurant de cuisine sénégalaise aux produits frais du pays.
Pourquoi dort-on sur place ?
Parce que la traversée est longue et que l'île mérite qu'on s'y attarde. On dort au campement Alouga, chez Hyacinthe, dit Yas.
Combien coûte la sortie à Niomoune ?
C'est notre sortie la plus coûteuse : environ 150 000 FCFA pour la pirogue (carburant et piroguier), à quoi s'ajoutent la nuit et les repas au campement.
Que signifie Alouga ?
Alouga est le nom diola de l'oiseau pêcheur, le martin-pêcheur. C'est aussi le nom du campement où l'on dort.
Où dort-on et que mange-t-on ?
Au campement Alouga, dans des cases en banco, avec électricité solaire. On mange à une table commune des produits frais du pays : poisson et fruits de mer grillés, huîtres, pain et confitures maison.
Que faut-il emporter ?
Un sac à dos, pas de valise : vêtements légers, chapeau, crème solaire, eau, produit anti-moustiques, lampe frontale et de petites coupures en espèces.
Que sont les îles Karones ?
Un ensemble d'îles de l'estuaire de la Casamance, dont Boon, Illol, Kuba et Saloulou, habitées par les Karoninkés, un peuple proche des Diola qui parle le karon. Niomoune en est la porte d'entrée ; il n'y a aucune voiture, tout se fait en pirogue.
Peut-on visiter les îles Karones depuis Niomoune ?
Oui, mais il faut compter au minimum deux jours de plus pour visiter les villages des Karones. C'est une option réservée aux vrais aventuriers ; la formule de base reste une nuit chez Yas.
Qu'est-ce que la fête de l'initiation ?
C'est la grande cérémonie de la tradition animiste diola, le bukut ou boukout : les jeunes séjournent dans le bois sacré, où les anciens leur transmettent un enseignement spirituel et culturel ainsi que les rites de passage, dont la circoncision, puis ils en ressortent hommes. Cette sortie est fêtée par des chants et des danses.
Quand a lieu la prochaine fête de l'initiation ?
On ne peut pas le savoir à l'avance : aux Karones, elle revient seulement tous les 10 à 15 ans environ, à une date que fixent les anciens. Lorsqu'une cérémonie est annoncée, c'est une occasion à ne pas rater : parlez-nous-en au moment de réserver.
Que voit-on à Itou et à Diogué ?
Itou, sur la rive nord à l'embouchure du fleuve, face à Carabane, est le premier endroit de la Casamance où le drapeau français fut hissé, en 1828. Diogué est une île de l'embouchure, d'environ 1 000 habitants, avec un quartier wolof et un quartier diola, qui vit de la pêche.
Que voir à Niomoune même ?
La visite du village demande à elle seule une bonne journée : on parcourt ses quatre quartiers, Elou, Somme, Essagholu et Ouback, ses rizières, ses sentiers de coquillages et ses amas coquilliers.
Peut-on faire cette sortie en fin de séjour ?
Oui, c'est même une bonne idée : on passe quelques nuits au lodge, puis nous organisons la sortie à Niomoune à la fin du séjour, et l'on poursuit sa route vers les Karones. Dites-le-nous dès la réservation.
Peut-on aller jusqu'à Kafountine et Abéné ?
Oui, pour les plus aventuriers : on gagne Kassel, puis on remonte vers Kafountine et Abéné, deux beaux villages de la côte nord. On peut aussi organiser un pique-nique sur la plage sauvage de Katy.
Les enfants peuvent-ils participer ?
Les enfants en bas âge et les bébés ne peuvent pas participer à cette sortie : la traversée est longue et l'organisation compliquée.
Qui sont les Karoninkés ?
Un peuple proche des Diola, installé sur la rive nord du fleuve Casamance et sur ses îles. Ils parlent le karon et passent pour très attachés à leurs traditions animistes.
Qu'est-ce qu'un amas coquillier ?
C'est une colline formée par l'accumulation de coquillages (huîtres, arches) consommés pendant des siècles. À Niomoune, plusieurs amas ont été étudiés par les archéologues et deux sont sacrés.
La sortie est-elle ouverte aux personnes qui ne logent pas au lodge ?
Non. Toutes nos excursions en Casamance sont réservées aux hôtes qui séjournent chez Le Papayer Écolodge : nous n'organisons pas d'excursions pour des personnes extérieures.
Aller plus loin : nos autres sorties et nos dossiers
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