En tenue rouge, son balai de paille à la main
Le roi d'Oussouye depuis Cap Skirring : une sortie pour découvrir la culture diola de son propre pays
Oussouye est le siège d'une royauté sacrée, l'une des dernières d'Afrique de l'Ouest où un roi animiste, désigné par les anciens, veille toujours sur les coutumes diola. Pour un week-end ou des vacances au Sénégal, c'est une belle façon d'aller à la rencontre d'une tradition vivante de son propre pays : depuis Cap Skirring, la sortie vous mène jusqu'à lui, dans le respect de l'usage et selon sa disponibilité. Pour étoffer la journée, trois options : passer chez Joseph Patern, qui transforme la noix de cajou de façon artisanale, pousser jusqu'au village des potières d'Edioungou, où l'on déjeune au bord de la mangrove, puis, l'après-midi, filer en pirogue jusqu'au village insulaire d'Éloubaline.
Voici la sortie, ce que l'on y découvre, la conduite à tenir devant le roi, les options et nos conseils sur place. Elle fait partie de nos excursions en Casamance ; pour un séjour plus long dans le sud du pays, appuyez-vous sur notre guide complet de la Casamance pour organiser vos étapes.
La sortie en bref
- Formule
- Courte sortie en 4x4, que l'on peut rallonger grâce à trois options
- Parcours
- Cap Skirring, puis Oussouye (30 km, environ 45 minutes de route)
- Rencontre
- Avec le roi d'Oussouye, gardien des coutumes diola, selon sa disponibilité ; notez vos questions à l'avance
- Option 1
- Atelier artisanal de noix de cajou de Joseph Patern, à Oussouye
- Option 2
- Village des potières d'Edioungou et déjeuner chez William Bassène, au campement Les Bolongs : entre 5 000 et 7 000 FCFA
- Option 3
- L'après-midi, en pirogue depuis Edioungou : visite du village insulaire d'Éloubaline
- Tenue
- Simple et correcte : pas de rouge, c'est la couleur du roi
- Réservée à nos hôtes
- Pour les personnes logées chez Le Papayer Écolodge
Comme toutes nos excursions en Casamance, celle-ci est réservée à nos hôtes, c'est-à-dire aux personnes qui séjournent chez Le Papayer Écolodge : nous ne l'organisons pas pour des visiteurs extérieurs. Une fois sur place, la journée se prépare avec vous. Pour la préparer, faites-vous rappeler ou demandez votre devis en ligne.
Le parcours : Cap Skirring, Oussouye et Edioungou
Le 4x4 quitte Le Papayer Écolodge et file vers Oussouye, à 30 kilomètres, soit environ 45 minutes de route. C'est là que l'on est reçu par le roi ; ensuite, au gré de vos envies, on passe à l'atelier de noix de cajou de Joseph Patern, puis au village des potières d'Edioungou, à quelques kilomètres, au bord d'un bolong. On y déjeune au campement Les Bolongs, chez William Bassène, face à la mangrove ; de là, une pirogue permet de gagner l'après-midi le village insulaire d'Éloubaline.
La rencontre étant courte, ces options permettent d'en faire une demi-journée ou une journée plus étoffée. Pour une journée entière, on peut aussi la combiner avec notre sortie à la Pointe Saint-Georges, qui passe elle aussi par Oussouye.
Carte indicative : repères et tracé simplifié, qui ne correspond pas à l'itinéraire exact.
Ce que l'on découvre pendant la sortie
Une sortie avant tout humaine et culturelle. Voici ce qui la rend marquante :
- Le roi d'Oussouye Un souverain animiste, garant des coutumes, que l'on rencontre en suivant les usages.
- Le bois sacré Le centre spirituel du royaume, où vit le roi et où l'on ne va pas sans y être invité.
- La noix de cajou En option : un atelier artisanal chez Joseph Patern, avec dégustation à la clé.
- Les potières d'Edioungou En option : un savoir-faire très ancien, qui passe de mère en fille.
- Le déjeuner sur la mangrove Chez William Bassène, au campement Les Bolongs, entre 5 000 et 7 000 FCFA.
- Éloubaline En option, l'après-midi : un village insulaire où l'on arrive en pirogue.
Le royaume d'Oussouye, une royauté sacrée
Au sud du fleuve Casamance, le royaume d'Oussouye compte parmi les rares royautés sacrées encore vivantes en Afrique de l'Ouest. Le roi n'y détient aucun pouvoir politique : il est le chef religieux et spirituel, et le garant des coutumes. Il relie la population animiste, les esprits et le dieu suprême des Diola, Ata Emit. Il veille sur la paix et la cohésion du royaume et contribue à régler les différends.
Le roi actuel, Mane Sibilumbaye Diédhiou (qui s'appelait Olivier avant son intronisation), a été installé en janvier 2000. On ne devient pas roi par élection ni par héritage : les anciens interrogent les fétiches, qui désignent celui qui convient. Une fois choisi, le roi ne peut pas se dérober à sa charge. Avant de monter sur le trône, il a travaillé dans le tourisme, notamment au Club Med de Cap Skirring, où il était animateur (« GO »). Il demeure dans le bois sacré d'Oussouye, un espace clos où l'on n'entre que sur invitation. On le reconnaît à son vêtement rouge et à son balai de paille, signe de son autorité. Chaque année, après la récolte, une grande fête réunit tout le royaume.
Le roi a ses propres rizières et se doit d'aider les plus démunis. Selon la tradition locale, la nuit, des personnes dans le besoin viennent déposer en secret de grandes gamelles vides ; au petit matin, elles les retrouvent pleines de riz, grâce au roi, qui apporte ainsi réconfort et nourriture à ceux qui en ont besoin.
Être reçu par le roi : protocole et respect
On ne va pas voir le roi d'Oussouye comme on visite un monument : c'est une rencontre, et elle se prépare. L'audience a lieu sur invitation et dépend de sa disponibilité ; nous nous en chargeons pour vous, avec notre guide, qui vous explique les usages et traduit au besoin. Il arrive que le roi ne puisse pas recevoir ce jour-là : nous vous en informons et réorganisons la journée autour des options ou d'une autre visite.
- Pas de rouge : c'est la couleur du roi. Optez pour une tenue simple et correcte, épaules et genoux couverts.
- Notez vos questions avant la rencontre : le temps du roi est précieux, et c'est le meilleur moyen de ne pas le lui faire perdre.
- Laissez votre guide faire les présentations et suivez ses consignes : le roi vous reçoit sans façon, assis sur un tabouret de bois.
- Selon la coutume locale, on apporte une offrande ; votre guide vous dira ce qui convient.
- Demandez toujours la permission avant de photographier le roi, les lieux sacrés ou les personnes.
- Le bois sacré ne se visite pas : on n'y entre que sur invitation, et l'on ne pose pas de questions sur ce qui s'y passe.
- Prenez le temps d'écouter : c'est un échange sur la culture diola, pas un spectacle.
Option 1 : l'atelier artisanal de noix de cajou de Joseph Patern
À Oussouye, nous pouvons faire halte chez Joseph Patern, qui transforme la noix de cajou de façon artisanale. Il est de la famille de l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, figure du mouvement casamançais. On y voit comment la noix, qui vient de la pomme de cajou, est récoltée, décortiquée puis préparée ; on la goûte et l'on repart avec une spécialité du coin.
En brousse, ne cueillez pas les fruits (pommes de cajou, citrons…) et ne touchez pas aux arbres : des guêpes et des abeilles de brousse y vivent et peuvent piquer au moindre geste.
Option 2 : Edioungou, village des potières, et déjeuner sur la mangrove
Edioungou est un village diola de Basse-Casamance, dans la communauté rurale d'Oukout, département d'Oussouye. Il compte environ 300 habitants (304 au recensement de 2002) et passe pour un haut lieu de la poterie traditionnelle. Il est bâti près d'un bolong, ces bras de mangrove que nous présentons dans notre dossier sur la mangrove et les bolongs de Casamance.
Ici, la poterie est une affaire de femmes, qui se transmettent leur savoir-faire de génération en génération. L'argile et les coquillages sont ramassés en saison des pluies, puis purifiés : l'argile est pilée en poudre, les coquillages sont brûlés et broyés, et les deux, mélangés à parts égales, sont pétris à la main jusqu'à obtenir une pâte souple. La cuisson se fait sans four moderne : les pièces sont entourées de bois sec et de feuilles de rônier et de palmier. Une fois refroidies, elles reçoivent un vernis à base de fruit local, qui leur donne une belle teinte bordeaux brillante.
La visite permet de voir ces gestes de près et, si vous le voulez, d'acheter une pièce directement aux potières : un souvenir utile, et un soutien direct à l'artisanat du village. Demandez la permission avant de photographier.
On déjeune à Edioungou, chez William Bassène, au campement Les Bolongs, dont le bar-restaurant, à l'étage, surplombe les bolongs et la mangrove. Comptez entre 5 000 et 7 000 FCFA pour le repas.
Dans le village, par précaution, nous vous conseillons de n'accepter ni nourriture ni boisson en dehors du repas prévu au campement, et de suivre les consignes de votre guide.
Option 3 : Éloubaline, le village insulaire (l'après-midi)
Depuis le campement Les Bolongs, à Edioungou, on peut gagner Éloubaline en pirogue pour une visite l'après-midi. Éloubaline est un village insulaire de la communauté rurale d'Oukout, que l'on n'atteint que par l'eau : comptez environ une heure de traversée à travers la mangrove. Il compte environ 800 habitants (831 au recensement de 2002), qui vivent de la riziculture et de la pêche.
On y découvre une vie diola rythmée par les rizières et les bras de mer, et surtout les cases à impluvium : ces grandes maisons rondes en terre, au toit en entonnoir qui recueille l'eau de pluie, peuvent loger plusieurs familles. Cette option suppose de prévoir le retour en pirogue, puis la route jusqu'au lodge ; elle convient donc plutôt à une journée entière.
Une journée type pour aller voir le roi d'Oussouye
Les horaires sont donnés à titre indicatif : ils s'adaptent à la disponibilité du roi et aux options que vous retenez.
- Départ : en 4x4 depuis Le Papayer Écolodge, cap sur Oussouye.
- Route : 30 km, environ 45 minutes.
- Oussouye : rencontre avec le roi, dans le respect du protocole.
- Option 1 : atelier de noix de cajou de Joseph Patern, avec dégustation.
- Option 2 : village des potières d'Edioungou, démonstration et achats possibles ; déjeuner chez William Bassène, au campement Les Bolongs.
- Option 3 : l'après-midi, traversée en pirogue (environ une heure) jusqu'au village d'Éloubaline.
- Retour : au lodge, à l'heure qui vous arrange, à temps pour le bain du soir dans l'océan.
Conseils pratiques pour votre sortie
- Notez vos questions avant la rencontre avec le roi, pour ne pas lui faire perdre son temps précieux.
- Dans les villages, n'acceptez ni nourriture ni boisson en dehors du repas prévu, et suivez les consignes de votre guide.
- Mettez une tenue simple et correcte, sans rouge, pour être reçu par le roi.
- Prenez un chapeau, de la crème solaire et de l'eau.
- Gardez des espèces en petites coupures pour vos achats (cajou, poteries) et les pourboires.
- Demandez toujours la permission avant de photographier une personne ou un lieu sacré.
- En brousse, ne touchez à rien : ne cueillez pas les fruits, ne vous appuyez pas aux arbres, ne touchez ni aux plantes ni aux fleurs, au risque de déranger les guêpes et les abeilles de brousse.
- Faites confiance à votre guide : il connaît les usages et facilite les échanges.
- La saison sèche (de novembre à mai) est la plus agréable ; en saison des pluies, nous adaptons le programme à la météo et à l'état de la piste.
Questions fréquentes sur le roi d'Oussouye et la sortie
Qui est le roi d'Oussouye ?
C'est le chef religieux et spirituel des Diola animistes de la région d'Oussouye. Il n'exerce aucun pouvoir politique : il garde les coutumes, veille sur la paix et la cohésion du royaume, et aide à régler les différends. Le roi actuel est Mane Sibilumbaye Diédhiou.
Peut-on vraiment être reçu par le roi d'Oussouye ?
Oui, sur invitation et selon sa disponibilité. Nous organisons la rencontre avec notre guide, qui connaît les usages. Si le roi ne peut pas recevoir ce jour-là, nous réaménageons la journée.
Comment se prépare-t-on à voir le roi ?
En notant ses questions à l'avance, pour ne pas lui faire perdre un temps précieux, en évitant le rouge et en suivant les conseils du guide sur les usages.
Comment s'habiller pour voir le roi ?
Simplement et correctement, épaules et genoux couverts, et sans rouge : c'est la couleur du roi.
Peut-on visiter le bois sacré d'Oussouye ?
Non, c'est un espace clos où l'on n'entre que sur invitation. Il abrite la demeure du roi et reste un lieu de culte.
Peut-on prendre le roi en photo ?
Demandez toujours la permission avant toute photo, de lui, des lieux ou des personnes. Votre guide vous dit ce qui est possible.
Que comprennent les options ?
La première est la visite de l'atelier artisanal de noix de cajou de Joseph Patern, à Oussouye, avec dégustation. La deuxième est le village des potières d'Edioungou, avec un déjeuner chez William Bassène, au campement Les Bolongs. La troisième est, l'après-midi, la traversée en pirogue jusqu'au village insulaire d'Éloubaline.
Comment fabrique-t-on la poterie à Edioungou ?
Les femmes mélangent de l'argile pilée et des coquillages brûlés et broyés, pétrissent la pâte à la main, puis cuisent les pièces dans un feu de bois et de feuilles de rônier et de palmier, avant de les vernir avec un fruit local, pour obtenir une teinte bordeaux brillante.
Où déjeune-t-on et à quel prix ?
On déjeune à Edioungou, chez William Bassène, au campement Les Bolongs, face à la mangrove : comptez entre 5 000 et 7 000 FCFA.
Comment aller de Cap Skirring à Oussouye ?
En 4x4 depuis Le Papayer Écolodge : comptez environ 45 minutes pour les 30 kilomètres.
Peut-on combiner cette sortie avec la Pointe Saint-Georges ?
Oui, les deux passent par Oussouye. Nous pouvons bâtir avec vous une journée plus longue ; voyez notre sortie à la Pointe Saint-Georges.
La sortie est-elle ouverte aux personnes qui ne sont pas logées au lodge ?
Non. Toutes nos excursions en Casamance sont réservées aux hôtes qui séjournent chez Le Papayer Écolodge : nous ne les organisons pas pour des personnes extérieures.
Le roi d'Oussouye peut-il refuser sa charge ?
Non : une fois désigné par les anciens, après consultation des fétiches, il ne peut pas s'y soustraire.
Comment aller à Éloubaline ?
En pirogue depuis Edioungou, à travers la mangrove : comptez environ une heure de traversée. Le village est une île, accessible seulement par l'eau.
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